top of page

Programmes offerts

Impressions francaises

Olivier Messiaen - Première communion de la Vierge

Jean-Philippe Rameau - Suite en sol majeur/ mineur, RCT 6

---- entracte -----

Claude Debussy - Children's Corner

Maurice Ravel - La valse

Georges-pierre-seurat-la-luzerne-saint-denis.jpg

Ce concert tisse un parcours dans la musique française, mêlant ferveur spirituelle, élégance baroque, tendresse impressionniste et vertige orchestral. Il s’ouvre avec « Première communion de la Vierge » d’Olivier Messiaen, extrait des Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus. Dans cette page d’une douceur mystique, le temps semble suspendu : le piano devient prière, silence, lumière. Retour ensuite au XVIIIe siècle avec la Suite en sol majeur et sol mineur, RCT 6 de Jean-Philippe Rameau, où l’on découvre le raffinement et la vivacité du clavecin transposés au piano. Entre danses nobles et couleurs galantes, le geste baroque prend vie sous les doigts du pianiste. Claude Debussy nous ramène à l’intimité de l’enfance avec « Children's Corner », une suite pleine de charme, d’ironie et de tendresse. Derrière la légèreté des jeux, perce la délicate mélancolie d’un monde vu à hauteur d’enfant. Enfin, le concert culmine avec « La Valse » de Maurice Ravel, vertigineux poème chorégraphique. Ce tourbillon sonore, hommage et déconstruction du genre viennois, nous entraîne dans une danse hypnotique où éclat et effondrement se côtoient.

Compositeurs en immigration

S. Prokofiev. Visions fugitives, Op. 22. 

S. Rachmaninov. 5 Préludes de l'op. 23 

---- entracte -----

S. Rachmaninov. Sonate en si bémol-mineur 

S. Prokofiev. «Suggestion Diabolique», 

«Romeo et Juliette avant la séparation»

nk5gvm55GoPlLUJYRjjNEe0PpnbJK493lqydhkxK-thumb_1920 - Edited.png

Ce programme est très spécial pour moi. Le premier compositeur était mon favori dans ma jeunesse, et l’autre est tellement intégré dans mon propre langage pianistique que je me sens comme un miroir de sa musique. Leurs œuvres ont été profondément marquées par leur expérience en tant qu’émigrés. Quand on parle de l’immigration de Rachmaninov, on évoque souvent sa nostalgie de la Russie. Mais j’ai toujours ressenti une certaine fausseté dans l’affirmation selon laquelle il aurait cessé de composer à cause de cette nostalgie. Ayant vécu l’expérience de l’émigration moi-même, je peux dire avec plus de certitude en quoi consistait cette douleur : celle d’un homme privé de ses repères habituels, obligé de reconstruire sa carrière à partir de zéro, ici et maintenant — mais toujours en décalage… Rachmaninov réécrivait ses œuvres et les rééditait. Cela lui permettait de signer des contrats d’édition aux États-Unis sans entrer en conflit avec les éditeurs russes qui détenaient déjà les droits de ses compositions antérieures. La Sonate n.2 op.36 a été remaniée en 1931. Elle est devenue plus courte et sa forme plus claire. Rachmaninov a supprimé d’immenses fragments, si beaux que de nombreux interprètes choisissent de les réintégrer, créant leur propre 3e, 4e ou 5e version. Elle reste riche. Indécemment. Il y a un passage dans le 2e mouvement où une séquence dorée sonne si explicitement que, si l’on y ajoutait des percussions, on obtiendrait presque un air populaire. Rachmaninov connaissait bien cette tendance à l’exubérance dans son écriture et jouait ses œuvres avec une sobriété délibérée et une honnêteté profonde envers sa musique. Prokofiev était un enfant terrible. Bruyant, excentrique, il bousculait les traditions modernes, son style « footballistique » effaçait les normes du jeu pianistique, reléguant le legato de sa position dominante. Pourtant, ce vacarme abrite un lyrisme cristallin, une infinité d’émotions subtiles. Contrairement à Rachmaninov, la musique de Prokofiev ne souffre pas d’un excès de douceur ou de pathos. Elle parle de l’instant présent, de ce qui arrive tous les jours. Un moment, une impression… et c’est disparu. C’est ainsi que sont construites les Visions fugitives op.22. Prokofiev travaille le temps de manière très originale. Ses pièces ne vivent pas dans un temps artistique, mais dans un temps réaliste. En d’autres termes, il ne condense pas les événements musicaux et les états émotifs selon une forme narrative typique ; son récit épouse la forme d’une pensée ou d’une émotion, suivant naturellement leur déroulement temporel. Parfois, c’est une seule émotion — une idée traverse l’esprit, puis une autre… non, finalement pas… Puis, il interrompt brusquement ce vol imaginaire, et nous retombons dans la réalité : la chaise est cassée, même la pluie tombe à peine. En 1936, Prokofiev est rentré en URSS. Son Roméo et Juliette a été hué. En 1948, sa femme espagnole, Carolina Codina Nemísskaia, a été arrêtée et a passé huit ans au goulag. Et l’insoumis, le lyrique Prokofiev, s’est mis à écrire une musique socialiste « correcte ».

Romantisme. Devenir et transcendance

F. Schubert. 4 Impromptus, op. 90
R. Wagner – F. Liszt. Overture «Tristan et Isolde»

---- entracte -----
F. Liszt. Sonate en si-mineur
F. Nietzsche. «Da geht ein Bach», «Das Fragment an sich» , «Vorspiel», «So lach doch mal»

475902330_1166510628817375_1658804259809988329_n (1).jpg

Le programme présente des œuvres de l’époque romantique, depuis Schubert — que l’on considère généralement comme le premier compositeur romantique — jusqu’au romantisme tardif, voire même au postromantisme de Richard Wagner. L’opus 90 est sans aucun doute l’une des dernières compositions de Schubert. Ce fut également la dernière œuvre que j’ai apprise et jouée en Russie, alors que la guerre avait déjà commencé et que l’on comprenait qu’elle ne se terminerait pas rapidement. Cet opus est devenu pour moi une expérience profondément intime. Le romantisme tardif est indissociable de la pensée philosophique allemande. La complexité croissante du langage harmonique et des processus de développement conduit à la destruction des formes musicales classiques et à l'émergence de structures musicales plus libres. La Sonate en si mineur de Liszt en est un des meilleurs exemple. Son incroyable densité sémantique impose ses propres règles et défie toute structure préexistante. Le fond façonne la forme ; le génie de Liszt trouve avec élégance un équilibre entre espace et temps, affranchi de toute contrainte. La Sonate en si mineur, l’ouverture de "Tristan et Isolde" et les miniatures pianistiques de Nietzsche relèvent d’un même espace mental, d’une même esthétique. Oui, je ne me suis pas trompé, Friedrich Nietzsche écrivait de la musique. Wagner, Liszt et Nietzsche sont des figures d’une même époque et d’une même Europe. Pour le ressentir, imaginez un Montréal où, d’une manière ou d’une autre, tout le monde se connaît. Nietzsche et Wagner furent amis de 1868 à 1872 : pas de simples connaissances, mais de véritables amis, qui finirent par se brouiller. Wagner était marié à Cosima, la fille de Liszt. C'était une époque de grands débats. L’opéra de Wagner Tristan et Isolde fut un scandale. On peut dire avec certitude qu’aucune œuvre de l’industrie cinématographique n’a jamais suscité autant de haine et d’idolâtrie. L’opéra " Tristan et Isolde " est devenu un élément incontournable du répertoire, et l’ouverture ainsi que la scène finale sont souvent exécutées séparément et sont devenues des symboles d’exaltation et de folie du désir. Si vous ne supportez pas l’opéra, regardez Melancholia de Lars von Trier. Il y utilise le magnétisme de la musique de Wagner pour transmettre la sensation d’attraction et d’inéluctable : elle est si puissante que nous ressentons presque physiquement le rapprochement fatal entre deux planètes.

Frédéric Chopin

Polonaise es-moll
12 Etudes op. 10

---- entracte -----
Sonata b-moll
Nocturnes F-dur, c-moll, E-dur

frederic-francois-chopin-two-to-three-years-before-his-death-in-1849-photo-by-time-life-pi

Un programme aux œuvres du grand Poète du piano

bottom of page